Loud Speaker

Loud Speaker (Haut Parleur)

2026

Cyprès de Monterey, goudron de pin, câble

300 x 200 x 260 cm

Unique


Traduction du poème de l'anglais:


Au Chili, dans le Ñuble et le Bío-Bío, le dix-neuf janvier vingt-six,
Dix-huit morts, vingt mille habitants arrachés aux terres qu’ils chérissent.
Vingt-quatre incendies en cours, huit mille cinq cents hectares consumés,
Un vent à plus de trente-huit degrés projetant les braises de tous côtés.

Dans le Victoria, quelques semaines plus tard, la chaleur ne faiblissait pas,
Six incendies majeurs signalés, dont trois hors de contrôle déjà.
Onze mille hectares brûlés là où s’étendent les forêts d’Otway,
Une surface comparable à celle de Paris reportée sur le terrain ravagé.

En Patagonie, la foudre frappa puis parcourut vingt kilomètres en un jour,
La sécheresse depuis deux mille huit avait tari l’humidité alentour,
Le vent suivait la pente des vallées, les combustibles serrés, secs, préparés,
Le front du feu courut alors, tandis que les braises striaient le ciel incendié.

En Grèce, sous la chaleur de l’année vingt-cinq, le feu gagna du terrain,
Dans la litière des pins, les herbes et broussailles, tout combustible sec nourrissait son dessein,
Des villages évacués tandis que les avions traversaient le bleu,
Quand sécheresse et vent convergent, d’autres feux renaissent sous nos yeux.

Dans les basses terres orientales de la Bolivie, la cicatrice fut immense et nette,
Dix millions d’hectares brûlés à travers l’arc amazonien en défaite,
Cent mille kilomètres carrés noircis au cours de l’année entière,
Presque l’Islande par l’étendue le long d’une frontière frappée par la sécheresse sévère.

Au Pérou, les observateurs recensèrent plus de dix mille incendies,
À travers broussailles côtières et forêts où la saison sèche conspire sans répit,
Chaque départ de feu peut-être petit, mais ensemble transformant la terre,
Déplaçant forêts, sols et rivières là où le brûlis revient et prolifère.

Dans les zones humides du Pantanal, là où l’eau stagnait autrefois,
Trois mille quatre cents kilomètres carrés brûlèrent herbes et bois,
Quand la sécheresse abaisse les nappes, tourbes et graminées s’entrelacent,
Et la zone humide devient amadou à l’échelle d’un espace immense et tenace.

Valparaíso brûla en vingt-quatre, le bilan fut brutal,
Au moins cent trente et une vies perdues dans la nuit fatale,
Quand les braises bondissent et que les structures s’embrasent en chaîne,
La ville brûle de maison en maison jusqu’à ce qu’il ne reste presque rien sur la scène.

À Jasper, la foudre déclencha ce que les équipes combattirent durant des semaines de tension,
Trente-deux mille hectares dessinèrent la cicatrice sur l’étendue en question,
Un territoire plus vaste que Malte cartographié en cendre et en pin,
Trois mille pompiers tinrent la ligne, deux cent soixante-dix-huit kilomètres de front et de ravin.

Humboldt traça la Terre en bandes de température et de pluie,
Là où le climat façonne les forêts, et les forêts façonnent le pays,
Il avertit que lorsque les terres sont dénudées, l’équilibre peut se rompre,
Et chaleur et sécheresse reviennent, redonnant voix à la leçon que le feu nous montre.

Du Canada au Chili, les mêmes signes viennent s’annoncer,
Combustibles secs, chaleur montante livrant les paysages au bûcher.
Des conditions atmosphériques qui s’alignent pour conspirer,
Et les forêts répondent aux climats troublés en colonnes de feu dressées.



Poème performé par Rachel Fowler. Vidéo par Ollie Voak.