Victor Guerin (né en 1993) est un artiste ingénieur franco-britannique dont la pratique englobe la sculpture, l'installation et la peinture. Diplômé du Royal College of Art (MA Sculpture, 2024) et des Arts et Métiers ParisTech (Ingénieur, 2016), il conjugue une formation d’ingénieur à une recherche plastique tournée vers les enjeux écologiques contemporains. Finaliste du Hyundai Award for Excellence in Sustainability and Creative Practice (2024) et lauréat du Averil Picot Art Award (2023), il a exposé à la Saatchi Gallery, la Royal Scottish Academy, au Palais de Dalkeith et à l’Académie des Beaux-Arts de Nouvelle-Zélande. Ses œuvres figurent dans des collections publiques en Chine et des collections privées au Royaume-Uni, au Canada et en France.
La démarche de Guerin interroge la manière dont les interventions humaines transforment les écosystèmes. À la croisée de la technologie et de l’écologie, il explore des formes de coexistence plutôt que d’antagonisme. Il mobilise à la fois des techniques traditionnelles, comme la fonte à la cire perdue, et des procédés industriels ou numériques, tels que la fabrication assistée par ordinateur. Son vocabulaire matériel, ancré dans les cycles d’usage et de régénération, juxtapose détritus industriels et éléments organiques, mettant en lumière des dynamiques de transformation, de mémoire et de résilience. Il accorde une attention particulière à l’agency des matériaux – métal oxydé, pierre érodée ou fragments récupérés – les laissant générer du sens au-delà de toute intervention autoritaire.
En 2026, ArtHouse Jersey lui commande Loud Speaker, une œuvre sculpturale immersive déployée dans un environnement olfactif et sonore. En plaçant le visiteur face à un tronc partiellement calciné, suspendu dans un état d’équilibre précaire entre effondrement et maintien, et prolongé par un poème sonore issu de recherches sur les feux de forêt, l’installation explore les manifestations matérielles et sensibles d’une crise écologique en cours. En 2025, l’Abbaye de Neumünster (Luxembourg) lui commande Cracks of Potential, une série d’œuvres pour l’exposition Graines, conçue à partir de béton, bitume et pierres récupérées, qui questionne la reconquête des espaces urbains par la nature. En 2024, il présente Ephemeral Structures, une série de céramiques réalisées par enroulement assisté par ordinateur, alliant rigueur géométrique et fluidité organique. Son exposition de fin d’études au Royal College of Art de Londres, Echoes of Extraction, explore quant à elle les cycles de vie des matériaux et leur empreinte écologique.
Il développe actuellement des œuvres in situ, ainsi que des commandes publiques.
Le monde est confronté à une crise environnementale interdépendante, façonnée par le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, la pollution et la surconsommation de ressources matérielles. En tant qu’artiste, cette situation affecte les conditions dans lesquelles je travaille, les matériaux que j’emploie et les systèmes dont je dépends.
Ma pratique s’ancre dans la sculpture, l’installation et la peinture, tout en étant nourrie à la fois par l’ingénierie et par une attention étroite à la manière dont l’intervention humaine transforme l’évolution de la nature. Mon travail aborde la structure, le comportement des matériaux, l’extraction, l’érosion, le réemploi ainsi que les tensions entre résilience et fragilité. Parce que ces préoccupations sont inscrites dans ma pratique même, la responsabilité environnementale fait partie intégrante de la manière dont je conçois, fabrique et présente mes œuvres.
Je reconnais que la production artistique a des impacts environnementaux réels, depuis l’extraction des matériaux et l’énergie mobilisée pour la fabrication jusqu’au transport, à l’installation, à l’emballage et au fonctionnement de l’atelier. Aucune pratique n’est parfaitement durable, et j’aborde donc cette responsabilité comme un processus continu d’évaluation, de réduction et d’amélioration.
Je cherche à privilégier, lorsque cela est pertinent, des matériaux récupérés, réemployés, recyclés ou à faible impact, à produire des œuvres pensées pour durer et pour être réutilisées à l’avenir, et à réduire les déchets inutiles lors de la production et de l’installation. Lorsque cela est possible, je privilégie l’approvisionnement local, la fabrication locale et des modes de transport à plus faibles émissions, tout en considérant le coût environnemental incorporé des matériaux et des procédés dès la phase de conception.
Mon objectif est de développer une manière de travailler rigoureuse et responsable, dans laquelle ambition artistique et responsabilité environnementale se renforcent mutuellement au lieu de s’opposer.